Après deux années de correction, le marché immobilier parisien montre des signes tangibles de reprise. Les arrondissements centraux, du 1er au 6e, enregistrent des hausses de prix comprises entre 2 % et 4 % sur le dernier trimestre, portées par le retour des acquéreurs et la baisse progressive des taux d'emprunt.
Le retournement tant attendu
Les données des notaires du Grand Paris confirment une inflexion nette du marché au printemps 2026. Le prix médian au m² dans la capitale s'établit à 9 450 euros, en hausse de 1,8 % sur un an après avoir touché un point bas à 9 100 euros fin 2025. Ce rebond est particulièrement marqué dans les quartiers prisés du centre et de la rive gauche, où la rareté du foncier et la qualité architecturale soutiennent structurellement les valorisations.
Le volume des transactions a lui aussi redémarré, avec une progression de 15 % au deuxième trimestre par rapport à la même période de 2025. Les agences immobilières rapportent un retour significatif des primo-accédants, encouragés par des conditions de financement plus favorables : le taux moyen d'un crédit immobilier sur 20 ans est redescendu sous les 3 %, contre 4,2 % au pic de début 2024.
Des disparités entre arrondissements
La reprise n'est pas uniforme. Les arrondissements centraux (1er, 2e, 3e, 4e, 5e et 6e) tirent le marché vers le haut avec des prix moyens compris entre 11 500 et 14 000 euros le m². Le Marais et Saint-Germain-des-Prés restent les secteurs les plus recherchés, portés par une clientèle internationale qui revient en force. À l'inverse, certains arrondissements périphériques comme le 19e ou le 20e affichent encore des prix stables voire en léger recul.
Le marché du luxe parisien constitue un segment à part, avec des transactions qui dépassent régulièrement les 20 000 euros le m² dans les immeubles haussmanniens de prestige. Les acheteurs étrangers, notamment américains et moyen-orientaux, profitent d'un euro relativement faible pour réaliser des acquisitions patrimoniales dans la capitale française.
Perspectives pour le second semestre
Les professionnels du secteur anticipent une poursuite de la reprise au second semestre 2026, soutenue par la politique monétaire accommodante de la BCE et un marché de l'emploi résilient en Île-de-France. Toutefois, la prudence reste de mise : le durcissement des normes énergétiques (DPE) continue de peser sur les biens anciens mal classés, créant un marché à deux vitesses entre les logements rénovés et les passoires thermiques décotées de 15 à 25 %.