OAT 10 ans : les taux français se stabilisent à 3,1%

Le rendement de l'OAT française à 10 ans s'est stabilisé autour de 3,1 % après plusieurs mois de volatilité. Cette accalmie sur les taux souverains français intervient dans un contexte de politique monétaire accommodante de la BCE et de maîtrise progressive du déficit budgétaire par le gouvernement.

La BCE maintient le cap de l'assouplissement

Après six baisses de taux consécutives depuis juin 2024, la Banque centrale européenne a marqué une pause lors de sa dernière réunion, maintenant son taux directeur à 2,25 %. Christine Lagarde a toutefois laissé la porte ouverte à une nouvelle baisse en septembre si l'inflation continue de converger vers l'objectif de 2 %. Cette perspective de taux durablement bas ancre les rendements obligataires à des niveaux modérés et soutient les prix des obligations existantes.

Le spread entre l'OAT française et le Bund allemand, un indicateur clé du risque perçu sur la dette française, s'est resserré à 55 points de base contre 80 points de base fin 2025. Cette amélioration reflète la confiance retrouvée des investisseurs internationaux dans la trajectoire budgétaire de la France, après l'adoption d'un plan de consolidation crédible visant à ramener le déficit sous les 4 % du PIB en 2027.

Quel impact pour les investisseurs obligataires ?

Pour les détenteurs d'obligations françaises, la stabilisation des taux est une bonne nouvelle. Les portefeuilles obligataires ont bénéficié de la baisse des rendements observée depuis début 2025, avec des performances totales (coupon + plus-value) de l'ordre de 6 à 8 % sur les fonds investis en OAT de maturité moyenne (5-7 ans). La question est désormais de savoir si ce mouvement peut se poursuivre.

Les gérants obligataires restent prudemment optimistes. Avec un rendement réel (après inflation) redevenu positif à environ 1 %, les OAT offrent une rémunération décente pour un actif considéré comme peu risqué. Toutefois, la duration longue (sensibilité aux taux) des obligations d'État implique un risque de perte en capital en cas de remontée inattendue des taux, un scénario qui ne peut être exclu si l'inflation repartait à la hausse.

Perspectives pour le second semestre

Le consensus des économistes table sur une poursuite de la baisse graduelle des taux de la BCE, avec un taux terminal attendu à 1,75 % d'ici mi-2027. Dans ce scénario, le rendement de l'OAT 10 ans pourrait descendre vers 2,7-2,8 % d'ici la fin de l'année, offrant encore un potentiel de gain en capital aux investisseurs positionnés. Les obligations indexées sur l'inflation (OATi) constituent également une alternative intéressante pour ceux qui souhaitent se protéger contre un éventuel rebond des prix à la consommation.