Airbus enchaîne les contrats majeurs et voit son carnet de commandes atteindre des niveaux historiques. Le constructeur aéronautique européen profite pleinement de la reprise du trafic aérien mondial et des difficultés persistantes de son rival Boeing pour consolider sa position de leader incontesté.
Un carnet de commandes à plus de 8 700 appareils
Au salon aéronautique du Bourget 2026, Airbus a engrangé 420 nouvelles commandes fermes, dont un méga-contrat de 150 A321neo pour IndiGo, la compagnie indienne à bas coût, et une commande de 75 A350 pour United Airlines. Le carnet de commandes total du groupe dépasse désormais les 8 700 appareils, représentant environ neuf années de production au rythme actuel. Cette visibilité exceptionnelle rassure les investisseurs et justifie la prime de valorisation dont bénéficie le titre.
La montée en cadence de la production de l'A320neo, qui devrait atteindre 75 appareils par mois d'ici fin 2027 contre 65 actuellement, constitue le principal défi opérationnel du groupe. Airbus a investi massivement dans l'automatisation de ses chaînes d'assemblage à Toulouse, Hambourg et Mobile (Alabama) pour tenir cet objectif ambitieux, tout en veillant à la qualité de production qui fait sa réputation.
Les difficultés de Boeing, un avantage structurel
Les problèmes de qualité et de certification qui continuent d'affecter Boeing offrent à Airbus un avantage compétitif durable. Le 737 MAX reste sous surveillance renforcée de la FAA, limitant les cadences de production du constructeur américain, tandis que le 787 Dreamliner peine à retrouver son rythme de croisière. Cette situation pousse de nombreuses compagnies aériennes à se tourner vers Airbus, qui capte désormais plus de 65 % des nouvelles commandes d'avions monocouloirs.
Le programme A350 Freighter, la version cargo de l'A350, suscite un intérêt croissant de la part des opérateurs de fret aérien. Avec des premiers exemplaires attendus pour 2028, cet appareil viendra combler un segment de marché où Boeing régnait sans partage avec son 777F. Les premières commandes, totalisant 55 appareils, témoignent de la confiance des clients dans la proposition de valeur d'Airbus.
Valorisation et perspectives boursières
L'action Airbus a progressé de 15 % depuis le début de l'année pour atteindre 178 euros, reflétant l'optimisme du marché quant aux perspectives du groupe. Le titre se négocie à 28 fois les bénéfices estimés pour 2026, un multiple justifié par la croissance des revenus (+12 % attendus) et l'amélioration progressive des marges opérationnelles. Les analystes voient encore du potentiel, avec un objectif de cours consensus à 195 euros.
Le principal risque identifié reste la chaîne d'approvisionnement, qui demeure tendue dans le secteur aéronautique. Les difficultés de certains fournisseurs de moteurs, notamment Pratt & Whitney pour les GTF équipant certains A320neo, pourraient freiner la montée en cadence. Néanmoins, Airbus a renforcé son suivi des fournisseurs critiques et diversifié ses sources d'approvisionnement pour limiter ces risques.